Résumé de l’atelier AgroLeague
📅 Septembre 2018
📍Ferme de Fabien Labrunie à Sorigny

Objectif de l'atelier : On a décortiqué les étapes de fabrication, l'expérience d’utilisation du semoir.

On vous partage les infos retenues.

Le Bartsem est relié au tracteur par le système 3 points du Vibroflex.

Le châssis a pour base un Kongskilde de 4.5m. Il est composé d’une partie centrale et deux autres amovibles pour faciliter le transport sur la route. Ces deux parties dont pliées et dépliées hydrauliquement par des vérins. Lorsqu’elles sont dépliées, ces extensions sont maintenues en position par des brides.

Les dents de l’outil sont celles d’origine. Il est important de choisir un type de dents adapté à ses types de sol. Il faut éviter les dents trop souples pour limiter le pianotage ! Sur le semoir de Fabien, les dents travaillent sous tensions. Combinées au contrôle de profondeur elles assurent une régularité pour la profondeur de semis. Même dans des parcelles avec des pierres, les dents sont peu soumises au pianotage grâce à la forme du soc. Généralement les pierres passent d’un côté ou de l’autre. Cela permet une levée homogène.

L’élément clé sur ce semoir est la forme du soc. Ce dernier est très fin (environ 15 mm), et son angle d’attaque par rapport au sol est de l’ordre de 85°. L’angle d’attaque du soc ne permet ni aux résidus, ni à la terre de monter sur la dent : ainsi cette dernière reste près du sillon et finit même par le reboucher naturellement.

La trémie vient d’un ancien semoir. Elle est placée en position centrale de manière à augmenter la stabilité de l’outils. Après modification, elle peut contenir 1 tonne de semence. Elle offre une autonomie convenable par rapport à des semoirs proposés sur le marché.

Le dosage des semences se fait mécaniquement. C’est un système classique avec une roue qui entraîne le doseur. Ce système est simple, efficace et peu coûteux. Pour ce qui est du transport des graines, il se fait pneumatiquement.

Le système de descente est aussi un élément important sur le semoir. La particularité vient de la sortie des descentes. Elles se terminent par un système avec des tubes recourbés qui vont envoyer la graine juste derrière le soc par effet « toboggan ». Le système de descente permet de placer la graine dans le flux de terre généré par la dent.

Il n’y a pas de système de dépression à la sortie. On pourrait se dire que la graine aurait tendance à rebondir, mais après test, il est très limité. Les sorties sont protégées par des carters qui viennent éviter le retour de pailles ou de mottes avant que la graine se dépose. Sur le système de Fabien, les tuyaux de descentes sont un peu étroits et obligent des semences sans résidus pour éviter de boucher les descentes.

Derrière chaque élément semeur, le sillon est refermé à l’aide de chaînes soudées entre les dents de chaque herse. L’équipement est simple et convient à Fabien. La technique est à adapter à sa ferme ;).

  • L’écartement entre rang peut faire peur (23.6 cm), mais celui-ci n’est pas handicapent. Pour ce qui est de la levée d’adventices, comme dit plus haut, le travail du soc sur les résidus créé un paillage entre les rangs, et la culture couvre la ligne de semis.
  • Après plusieurs années d’observation, il n’a pas observé de différence de rendement supérieur à 1 quintal pour du blé par exemple. L’écartement n’est donc pas une contrainte dans son cas.

Le réglage du semoir se fait très facilement. Du fait de ses tubes à diamètre faible, Fabien fait attention à la vitesse de la turbine pour le transport des grains. Par exemple, il l’accélère pour les grosses graines car certains tuyaux sont à plat et étroits. Il ne faut pas oublier d’adapter sa vitesse suivant son type de sol pour assurer une profondeur de semis régulière. (ex avec Fabien : 6km/h en terre avec des pierres, 9km/h avec des limons). Pour finir, il ne faut pas hésiter à semer un peu plus profond que d’habitude. Les endroits où passe les moissonneuses-batteuses sont souvent plus tassés, si on ne sème pas assez profond, on s’expose à laisser des graines quasiment en surface dans ces passages ce qui ne leur permettra pas de germer. Malgré un semis plus profond, la levée est homogène.

Un point noir (il en fallait un) est que le système à dent n’est pas adapté aux plantes filiformes (liseron ou vesces) : les « lianes » que forment ces plantes à la surface peuvent vite devenir un obstacle

Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que lors de semis direct il faut avoir des chaumes bien enracinés pour éviter les bourrages. Par exemple lors de semis dans des résidus de maïs, Fabien fauche un peu plus haut de manière que les tiges faces contre-peigne.

En termes d’investissement, la construction du semoir est peu coûteuse (c'est aussi l'intérêt). Fabien a recyclé des anciens outils déjà amortis et il a acheté seulement les dents (400 euros) et des axes (100 euros). Il a réalisé toute ses soudures lui-même. La construction d’un semoir de ce type ne demande pas de connaissances particulières, mais plutôt du bon sens ! Par ailleurs, il est très économique car on a peu de pièce d’usure et une consommation de carburant liée à son utilisation très faible.

Pour conclure, le semoir de Fabien montre que la construction d’un semoir est à la portée de tout le monde.

Merci Augustin et Louise pour les photos, et Antonin pour le récap.